espèces endémiques bassin adour hautes-pyrénées

Espèces du bassin de l'Adour

Un corridor biologique

Le bassin de l’Adour, un milieu propice à la vie de nombreuses espèces.

L’espace de mobilité de ce fleuve présente des milieux aquatiques différents et la ripisylve qui le borde, offre de nombreuses richesses. Des abris, de la nourriture et des lieux de reproduction spécifiques sont indispensables à certaines espèces du bassin de l’Adour, c’est pourquoi il fait partie du réseau européen Natura 2000.

Les espaces boisés continus le long des cours d’eau sont des corridors biologiques qui favorisent une libre circulation des espèces. Ils participent ainsi à une diversité génétique qui renforce la résilience des écosystèmes et les diversifie.

Les graines voyagent au fil de l’eau, tout autant que les poissons, les insectes, les oiseaux et les mammifères présents sur nos cours d’eau !

Vous trouverez ici une liste évolutive de nos espèces emblématiques ainsi que nos fiches éducatives.

Lacerta bilineata

Planches éducatives

Elles sont conçues par le SMAA pour faire connaître certaines espèces du bassin de l’Adour emblématiques pour notre territoire, afin de comprendre leurs spécificités ainsi que leur relation avec notre environnement.

Ces planches font partie des supports pédagogiques utilisés par les animateurs du SMAA dans leurs interventions auprès du public (Etablissements scolaires, enseignement supérieur et tous public).

Sommaire espèces

Agrion de Mercure

Coenagrion mercuriale

L’ordre des Odonates est composé de deux sous-ordres, les Anisoptères (libellules) et les Zygoptères (Agrions ou Demoiselles).

L’Agrion de Mercure se distingue des autres Agrions bleus et noirs par son dessin spécifique sur le deuxième segment : une tête surmontée d’un casque à cornes.

Cette espèce colonise les habitats aquatiques à la qualité d’eau préservée, les ruisseaux peu profonds, ensoleillés, richement colonisés par les végétaux aquatiques et à courant léger. C’est une espèce du bassin de l’Adour car la mobilité de ce fleuve lui permet de trouver des espaces aquatiques où le courant de l’eau est suffisamment calme.

La période de vol s’étale de fin mai à fin août, les zones de reproduction sont le plus souvent des sources, ruisseaux ou canaux encombrés de végétaux. La ponte a lieu de fin avril à début août, les œufs sont insérés dans les plantes aquatiques ou riveraines.

Les larves évoluent durant 1 ou 2 ans dans l’eau, puis vient le temps de l’émergence qui se déroule de fin avril à mi-juillet couvrant en bonne partie la période vol des adultes (fin avril à fin août).

Aulne Glutineux

Alnus glutinosa

L’aulne glutineux consolide les berges des cours d’eau grâce à son important système racinaire. Il assainit et enrichit la terre car il capte l’azote grâce à des nodosités présentes sur les racines. C’est l’arbre typique des bords de cours d’eau et des zones humides.

Ses racines créent un microclimat favorable à la biodiversité, ses feuilles nourrissent de nombreux invertébrés aquatiques, ses racines servent de refuge pour les poissons et son bois mort favorise le développement de champignons et de lichens.

La proximité de l’arbre des cours d’eau permet sa dissémination. Minuscule et léger, le fruit de l’aulne peut flotter et se laisser transporter au fil de l’eau. 

Barbastelle d'Europe

Barbastella barbastellus

Avec son pelage sombre et soyeux, c’est une petite chauve souris discrète mais remarquable de par son faciès particulier. Elle possède de grandes oreilles qui encerclent les yeux et dont les bordures intérieures se rejoignent sur un petit museau court.

Appréciant les espaces forestiers anciens dont les arbres présentent des fentes et cavités qui lui permettent de trouver facilement des caches en journée pour se protéger de la lumière (à laquelle elle est très sensible), elle se nourrit essentiellement de petits papillons de nuit.

En période d’hibernation elle cherche des grottes, caves, tunnels, cavités arboricoles…

Les fermetures d’habitats souterrains posent des problèmes à cette espèce, tout autant que les mauvaises gestions forestières qui perturbent leur vie estivale en pleine période de reproduction, elle se fait de plus en plus rare.

Brochet

Esox lucius

Ce grand poisson affectionne les eaux stagnantes avec de nombreux végétaux, lui permettant de rester immobile et caché afin de chasser ses proies à l’affût. C’est un carnassier à la tête aplatie et équipé de nombreuses dents effilées. Son corps élancé n’est pas adapté à de longues poursuites mais aux accélérations brusques, sa vitesse de pointe atteint 50km/h ! 

Les milieux les plus propices à sa reproduction sont soit des bras morts, des marais pourvus de végétation semi aquatique, des prairies submergées par les crues, des fossés et des ruisseaux

Les conditions de reproduction du Brochet, espèce protégée en France, sont très particulières. Il faut à la fois que les conditions climatiques soient optimales avec suffisamment de pluie en hiver pour inonder les prairies humides, les marais ou les bras morts. Le brochet est menacé par le changement de son biotope: pollution, manque de précipitations, disparition de la végétation des cours d’eau.

En savoir plus avec la Fiche espèce de l’OFB.

Cistude d'Europe

Emys Orbicularis

Petite tortue d’eau douce menacée de disparition, elle se caractérise par son corps brun verdâtre constellé de petits points jaunes.

Elle est dite palustre car elle affectionne les plans d’eau stagnantes. Voilà pourquoi c’est une espèce du bassin de l’Adour, le fleuve mobile offre naturellement des espaces aquatiques qui lui conviennent (Bras morts, atterrissements…). Les anciens bassins d’extraction des gravières, qui étaient nombreuses le long du fleuve, sont également aujourd’hui des lieux de vie favorables à cette espèce.

De mars à octobre, ce reptile amphibien prend des bains de soleil sur les troncs et branches des arbres morts émergeant de l’eau.
L’insolation leur est nécessaire afin de stabiliser leur température corporelle, optimale à 26°C. Visible dès les premiers rayons de soleil matinaux du printemps, elle régulera sa température en restant dans l’eau pendant les plus chaudes journées de l’été.

La période de ponte s’étale de mai à juillet, dans un nid terrestre creusé grâce à ses pattes arrières, la femelle dépose en moyenne 7 oeufs pour une période d’incubation qui dure 90 jours.

A la naissance les jeunes mesurent de 2 à 3 cm, leur carapace n’est pas plus grande qu’une pièce de 2€ !

Leur sexe est déterminé par la température du nid, à l’éclosion ce sera une femelle au delà de 29°C, un mâle en deçà de 28°C, et 50% de chances pour chaque sexe à une température avoisinant les 28,5°C.

Cuivré des Marais

Lycaena dispar

Le Cuivré des marais apprécie les milieux humides et ensoleillés: bords de ruisseaux, fossés, prairies humides, zones inondables, marais et particulièrement les prairies de fauche. La disparition de ces milieux qui sont leur principal habitat, menace cette espèce du bassin de l’Adour.

Il a une envergure moyenne de 13 à 20 mm, les femelles sont plus grandes que les mâles. L’espèce a deux générations annuelles, elle vole de mi-mai à septembre.

Les œufs sont pondus sur des oseilles sauvages (Rumex crispus, Rumex obtusifolius…). L’éclosion d’une larve se produit une dizaine de jours après. La chenille est verte avec des petits points blancs, elle effectue la totalité de son développement en se nourrissant de sa plante hôte. Elle passera l’hiver à l’abri d’une feuille séchée et formera sa chrysalide au début du printemps.

Desman des pyrénées

Galemys pyrenaicus

Le Desman des Pyrénées est une espèce endémique semi-aquatique uniquement présent dans les Pyrénées. Très difficile à observer, il se fait de plus en plus rare.

Il pèse entre 50 et 60 g. Son corps est trapu et rebondi. Il est muni d’une trompe fouisseuse qui lui vaut le nom de rat trompette, mais aussi de pattes palmées.

Liste rouge des mamifères menacés en France.

Lézard Vert

Lacerta bilineata

Avec sa robe d’un vert éclatant et la vivacité du bleu turquoise du mâle en période nuptiale, le lézard vert impressionne aussi par sa taille. Il mesure en moyenne 30 cm de long et pèse de 20 à 40 gr, mais certains individus peuvent dépasser les 40 cm de long.

Ce reptile omnivore est une espèce protégée.

Loutre d'Europe

Lutra lutra

La Loutre d’Europe de la sous-famille des Lutrinés est inscrite à l’annexe II de la Directive Habitat. Elle n’est plus chassable depuis 1972 et bénéficie du statut d’espèce protégée selon l’arrêté ministériel du 23 avril 2007.

La loutre est un mammifère essentiellement piscivore dont le mode de vie est semi-aquatique ; elle est très bien adaptée au milieu aquatique par son corps au profil hydrodynamique et sa fourrure épaisse qui la protège du froid, même mouillée.

Longtemps chassé par l’homme cet animal est très farouche, il est devenu principalement crépusculaire et nocturne. Sa présence est souvent attestée par des épreintes (déjections) et des empreintes, mais il reste rare de l’observer.

Cette espèce du bassin de l’Adour bénéficie du corridor biologique que le fleuve lui offre, la diversité génétique est indispensable au maintien de cette espèce de retour sur nos cours d’eau.

En savoir plus avec la Fiche espèce de l’OFB.

Lucane Cerf-Volant

Lucanus Cervus

Insecte de l’ordre des coléoptères, c’est le plus grand d’Europe.

Le mâle se reconnaît à ses grandes mandibules en forme de bois de cerf, qui vit dans les forêts feuillues où il se nourrit de sève. Il peut mesurer jusqu’à 9 cm de long, la femelle est plus petite n’atteignant que 4 cm.

Le cycle de vie des lucanes est en moyenne de 5/6 ans. Mais ils passent la majorité de leur vie sous terre, sous forme de larve se nourrissant de bois en décomposition.

Le lucane ne sort de terre que pour se reproduire, il ne volera pas plus d’un mois !

Machaon

Papilio machaon

Visible d’avril à août, Papilio machaon se reproduit en deux voire trois générations, c’est le plus grand papillon diurne en France avec une envergure de 7 à 9 cm

La femelle pond ses œufs sur une feuille d’ombellifère (carotte cultivée ou carotte sauvage, fenouil, panais, aneth…)

Le Machaon ou Grand porte-queue est une espèce de lépidoptères de la famille des Papilionidae, il est présent en Europe, en Afrique du nord, en Asie et même au Japon !

Martin Pêcheur d'Europe

Alcedo atthis

Cet oiseau, inféodé aux milieux aquatiques, est typiquement une espèce du bassin de l’Adour. Ses couleurs éclatantes nous permettent de le voir furtivement lorsqu’il vole au dessus de l’eau à 45Km/h.

L’observer réellement n’est possible que lorsqu’il est à l’affût du poisson sur une branche où il peut se montrer très patient. A la vue de sa proie, il plonge tel une torpille à une vitesse de 2 à 4 m/s pour l’attraper.

Il mérite bien son nom anglais de « King Fisher » qui signifie Roi pêcheur !

En savoir plus avec la Fiche espèce de l’OFB.

Peuplier noir

Populus Nigra

Le peuplier noir est une espèce dioïque (arbres mâles et femelles)

Le peuplier noir présente de nombreux avantages lorsqu’il est présent dans la végétation rivulaire : par sa longévité (environ 200 ans), son système racinaire vigoureux et profond, il permet la fixation des sédiments et renforce les berges.
 
Les rivières dynamiques permettent la présence et la régénération des peupliers noirs, espèce emblématique des cours d’eau et un indicateur du bon fonctionnement de nos rivières.

Renoncule Aquatique

Ranunculus aquatilis

Cette plante vivace aquatique possède deux types de feuillage : les feuilles flottantes à la surface de l’eau sont pleines et rondes, les feuilles immergées sont filiformes. 

Cette plante oxygénante se développe aussi bien en eaux courantes qu’en eaux stagnantes et peut aussi bien être une plante de surface comme ne se développer qu’au fond de l’eau.

Elle limite le courant de l’eau, favorisant ainsi le dépôt de sédiments et la formation d’habitats diversifiés. En effet elle offre le gîte et le couvert à de nombreuses espèces du bassin de l’Adour et c’est notamment un support de ponte très apprécié des Demoiselles.

Sandre

Sander lucioperca

Le sandre doré européen est une espèce de poissons carnassiers, qui vit en eau douce mais peut s’adapter aux eaux saumâtres, et dont la taille peut dépasser les 100cm.

La ponte est réalisée en général en profondeur (dans les lacs jusqu’à 17 mètres) sur des racines de plantes et d’arbres ou sur des pierres et des graviers.

Une diminution de ses zones de reproduction causée par l’envasement et gestion des niveaux d’eau peu favorable à cette espèce ainsi que la raréfaction de caches lorsque les berges sont à nu sont des problèmes qui se posent à leur présence dans nos cours d’eau.

Tortue de Floride

Trachemys scripta elegans

Tortue d’eau douce carnassière tout comme la Cistude, elle est reconnaissable à ses rayures jaunes et sa tache rouge aux tempes.

Son apparition dans nos milieux naturels est liée au succès commercial qu’elle eut dans les années 80/90 comme animal de compagnie. Importée en France dès la fin du 19ème siècle, elle est interdite d’importation depuis 1997.

Bien que considérée comme une espèce invasive, elle cohabite avec la Cistude qu’il n’est pas rare d’observer juchée sur sa carapace lors de leurs phases d’insolation ! Ces deux tortues d’eau douce sont des espèces du bassin de l’Adour.

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